Écrire pour les autres : les 11 qualités essentielles

Biographie de couple - Narrovita
Que ce soit pour écrire les mémoires de grand-mère, ou dans le but d’en faire son métier, écrire pour les autres ne s’improvise pas.

On laisse souvent penser qu’il suffit d’aimer écrire, et de savoir à peu près le faire, pour pouvoir se lancer dans l’écriture d’une biographie ou d’un récit de vie. Mais en réalité, écrire pour les autres est une démarche bien plus profonde et plus exigeante qu’il n’y paraît. Quelles sont les qualités nécessaires pour ce travail aussi complexe qu’attirant ?

1. L’empathie

Ne pas juger et rester ouvert d’esprit sont des qualités indispensables, et pour cela, il faut impérativement être d’un naturel empathique. S’engager dans l’écriture pour autrui sans bienveillance envers les autres serait néfaste. Lorsqu’il s’agit d’écrire un récit de vie ou une biographie complète, le chemin pour y arriver est souvent long et parsemé de moments d’échanges et d’écoute, qui ne peuvent naître que si la confiance est partagée. Il faut aimer l’autre pour qu’il accepte qu’on lui prête notre plume.

2. La capacité d’écoute

Écrire pour les autres nécessite assurément une aptitude à l’écoute. Savoir écouter est le premier pas vers la confidence et les récits biographiques sont nourris par les confessions. Écouter, c’est aussi laisser parler et savoir susciter les paroles.

3. Le détachement émotionnel

Cela peut paraître paradoxal avec les points précédents, mais il s’agit d’un aspect important. Pour pouvoir écrire avec objectivité et savoir retranscrire les émotions, il faut les comprendre et les appréhender, mais il est impératif de garder une certaine distance. Il ne faut pas se laisser submerger par les émotions parfois très fortes de nos interlocuteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un biographe professionnel est indispensable. Écrire la biographie d’un membre de votre famille ou d’un ami n’est pas une bonne idée : vous allez immanquablement projeter vos propres sentiments et être beaucoup trop impliqué dans le récit que vous devrez pourtant relater avec le regard de votre interlocuteur, et non le vôtre ! La sollicitude, la compassion et la bienveillance sont nécessaires, mais il s’agit de ne pas être soi-même concerné ou de s’identifier.

4. L’esprit de synthèse

Avoir une capacité d’analyse et faire preuve d’esprit de synthèse sont deux bases fondamentales. Souvent, nous sommes face à un torrent d’informations. Une personne désirant écrire sa biographie est dans une démarche de confidence, et se trouve souvent dans un cheminement quasi « thérapeutique ». Les souvenirs remontent à la surface, les bons comme les moins bons, et parfois dans un ordre qui n’est pas chronologique. Quand on écrit pour autrui, il faut savoir trier, ordonner, choisir, analyser, et faire ressortir l’essentiel du message.

5. L’abnégation

Ecrire pour autrui, ce n’est pas écrire pour soi. C’est évident, n’est-ce pas ? Eh bien, pas tant que ça. Il n’est pas toujours facile de ne pas se faire plaisir en écrivant de jolies envolées lyriques, et en jouant avec les mots. Impossible de « mettre sa patte » : le récit en cours d’écriture n’est pas le nôtre, les mots ne sont pas les nôtres. Il s’agit de « prêter sa plume », de se laisser guider pour faire naître les histoires des autres, de permettre que quelqu’un puisse écrire son histoire. Quels que soient les liens tissés, quelle que soit la force de l’histoire racontée, nous sommes de simples passeurs de mots. Il faut alors savoir ne pas imposer son propre style d’écriture, savoir s’effacer en toute modestie et discrétion, et adopter la façon de raconter de notre interlocuteur. La plus belle récompense est souvent donnée par les proches d’un client lorsqu’ils nous confient : « En lisant sa biographie, je le retrouve, j’ai l’impression que c’est lui qui parle ». Pas de doute, l’auteur du livre, c’est bien cet « autrui » que nous aidons.

6. Des compétences rédactionnelles

S’il faut savoir s’approprier le style de notre interlocuteur, il faut malgré tout savoir écrire ! Rédiger sans faute d’orthographe est indispensable. Maitriser la langue et avoir une facilité à utiliser un vocabulaire étendu sont aussi essentiels. Le but est de donner vie à un texte facile à lire, identifiable à son auteur, et pour cela, avoir une aisance rédactionnelle est impératif.

7. La capacité d’adaptation

Écrire pour les autres, c’est savoir s’adapter. Tout peut s’avérer être très éloigné de notre propre façon de vivre et de penser : les conditions d’écriture, l’environnement de notre interlocuteur, la façon de raconter, de vivre ses émotions, les idées véhiculées… Il faut savoir être modelable !

8. La curiosité

Être curieux motive énormément et permet justement d’accéder à toute la richesse de cette démarche qu’est l’écriture pour autrui. En s’adaptant et en écoutant, les découvertes sont d’une profondeur parfois insoupçonnée.

9. La patience

Les travaux d’écoute, d’analyse, de synthèse, de recherche documentaire parfois, de retranscription, de mise en forme sont parfois très étalés dans le temps. Le rythme est propre à chacun : certains aiment avancer rapidement dans leurs confidences, d’autres aiment prendre leur temps, certains ont même besoin de longues poses entre deux entretiens. Il faut savoir être patient. Ne dit-on pas que « tout vient à point pour qui sait attendre » ?

10. Des aptitudes en psychologie

De toutes les aptitudes nécessaires, quand on souhaite écrire pour autrui, il en est une qui surpasse les autres, en importance comme en difficulté. Avoir de réelles aptitudes en psychologie est une base absolue. Raconter une histoire, c’est aussi capter l’essence d’une vie, transmettre le sens d’une existence, capter les méandres d’une âme qui souhaite laisser une trace. Cette démarche n’est pas anodine, et il faut être outillé pour « savoir être » celui qui guide. Il peut arriver que certains aient envie d’écrire leur histoire douloureuse sans avoir réglé intérieurement un conflit ou une blessure. Écrire peut aider, mais il faut que ce soit le bon moment. Quand ce n’est pas le cas, il faut alors savoir réagir tout en subtilité pour le faire comprendre.

11. La technique

Impossible d’oublier la technique : la maîtrise de toute la chaine de publication est nécessaire. Outre les règles d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, il faut aussi savoir pratiquer la mise en pages, et la conception graphique pour la couverture si on ne souhaite pas sous-traiter cette partie. Ne pas avoir peur des aspects techniques !

Le métier de biographe est complexe et les compétences nécessaires sont diverses. La polyvalence de cette profession, pas toujours bien comprise, montre cependant qu’il est important de faire appel à un professionnel au lieu d’écrire soi-même, sans formation, pour ses proches. Vous vous reconnaîtrez peut-être dans cette liste d’aptitudes nécessaires.

Peut-être êtes-vous fait pour ce métier ?

Article conçu et réalisé par Magaly Moisan-Gobin, écrivain-biographe à Nantes. Vous êtes intéressé(e) par ses services ? Rendez-vous sur sa fiche de contact en cliquant sur ce lien.

 

Magaly Moisan-Gobin
Ecrivain biographe à Nantes, fondatrice du site Maialaplume.com

La mission de Narrovita ? que les histoires familiales ne se perdent plus et se transmettent aux générations futures.

➡️En savoir plus

Nos contenus récents

Une biographie peut-elle être un cadeau ?

Une biographie peut-elle être un cadeau ?

Une biographie est une histoire vécue. Elle raconte, sur une vie entière ou sur une tranche de vie, des événements, des expériences, des émotions, des anecdotes, des rencontres. Tout ce qui fait une vie chargée et riche à transmettre. Offrir le roman d’une vie est un...

Ecrire pour autrui, une vocation

Ecrire pour autrui, une vocation

Ecrire pour autrui, une vocation Ecrire pour autrui, c’est d’abord écouter puis donner vie à la narration par l’écriture. Si l’écoute est une qualité fondamentale dans mon métier d’écrivain biographe, une sorte de don à celui qui raconte, il s’agit pour moi d’une...