Écrivain biographe : transmettre l’histoire des autres

Biographie de couple - Narrovita

L’écriture de récits de vie est un exercice spécifique. Aider une personne à évoquer son histoire pour la déposer sur le papier, c’est l’accompagner dans ses souvenirs, remonter le temps à ses côtés. C’est lui permettre de retrouver des moments de vie agréables, mais aussi des périodes sombres qu’elle doit revivre et réussir à traduire. Cela suppose une écoute attentive et bienveillante. Quelles sont les demandes des narrateurs ? Quelles qualités faut-il pour devenir biographe ? Quelles étapes sont nécessaires pour réaliser le livre d’une vie ?

À chaque narrateur sa demande

Chaque candidat à l’écriture de sa vie a des motivations différentes. Écriture thérapie, pour exprimer une blessure enfouie ou pour soulager une souffrance qui parasite le quotidien. Écriture de transmission, pour partager la mémoire d’une personne ou d’une lignée, faire le lien entre la génération passée et celle à venir.

Écriture témoignage, pour faire revivre l’histoire collective en évoquant de grandes étapes traversées (guerres, luttes sociales). Écriture ancrage, qui marque la volonté de laisser une trace et de ne pas être oublié. Écriture partage, pour transmettre les valeurs qui ont fondé une vie.

Il y a aussi l’écriture « pour faire plaisir », à la demande des enfants ou des petits-enfants qui souhaitent en savoir plus sur la vie de celui/celle qui les précède. Cela peut conduire à de belles réalisations et à des partages fructueux mais, quand la demande émane d’un tiers, c’est toujours un risque qu’il convient d’évaluer lors d’un premier entretien. Il faut avant tout que la personne concernée soit partie prenante de la démarche.

Un métier pas comme les autres

Le métier d’écrivain biographe exige des aptitudes spécifiques. Aimer écrire est bien sûr la première, mais il y en a quelques autres.

Une passion pour les mots

Se sentir bien dans l’écriture, c’est le b.a.-ba. Qu’on ait suivi ou non un parcours littéraire, il est indispensable d’aimer jongler avec les mots, d’être attentif à la façon dont ils cohabitent. Comme dans les relations humaines, un mot ne s’entend pas forcément avec un autre. Avec l’un, il ne fera pas bon ménage. Les associer ne sera dans l’intérêt ni de l’un, ni de l’autre.

Avec l’autre, il s’accommodera. Ils arriveront à se tolérer, voire à s’accepter, dans une alliance équilibrée. Avec un troisième, ce sera la combinaison gagnante, l’accord parfait. Leur symbiose totale déclenchera, chez le lecteur, la petite étincelle qui le fera vibrer.

Une phrase, c’est un peu comme un bouquet de fleurs. Il convient de trouver les mots qui vont bien ensemble, afin de composer un assortiment vivant, équilibré, qui capte l’attention. On doit choisir le mot comme on choisit la fleur, pour le mettre en valeur tout en ne faisant pas d’ombre aux autres…

Quant à l’orthographe, un petit détour du côté du Projet Voltaire permet de tester ses compétences. Même si on a l’impression d’avoir un niveau tout à fait correct, on peut avoir quelques surprises ! L’obtention du Certificat Voltaire est donc un petit plus, qui permet de se rassurer tout en étoffant sa culture de la langue.

Mais ce n’est pas tout…

L’écoute et l’empathie sont également des qualités essentielles pour se lancer dans cette aventure. Il faut s’intéresser à l’autre, respecter son rythme, accepter ses hésitations, composer avec ses contradictions, s’adapter à des personnalités différentes.

Il faut aussi savoir et aimer travailler seul. Le petit café entre collègues le matin, c’est fini. Il faut renoncer à la convivialité quotidienne. Le café, on le prend tout seul devant celui qui devient son meilleur ami : l’ordinateur. Heureusement, cet inconvénient est largement compensé par les belles rencontres avec nos conteurs d’histoires, ainsi qu’une liberté d’organisation qui permet de voir ses (autres) amis à peu près n’importe quand dans la semaine.

Reste l’aspect du statut… L’esprit d’entreprenariat n’est pas inné, et c’est peut-être le plus compliqué pour nombre de professionnels qui empruntent cette voie. Prospecter et savoir se vendre est une étape (épreuve ?) incontournable.

Alors, on se force pour se montrer, on se fait violence pour démarcher. On se contraint à écrire un article pour son blog, ou un article invité pour un autre blog, alors qu’on n’a qu’une envie : rester dans sa tanière. Beau travail sur soi, qui oblige à progresser, à grandir et à se dépasser.

Comment réalise-t-on un récit ?

Entre la première rencontre et la livraison du récit finalisé, de nombreuses étapes sont nécessaires. C’est un travail de fourmi qui demande patience et rigueur.

Premier contact pour poser les bases

Tout d’abord, le professionnel rencontre le potentiel client pour un premier entretien gratuit. Au cours de cette prise de contact, tous les aspects sont évoqués : la demande et les attentes du narrateur, l’approche proposée par le professionnel, le nombre d’entretiens souhaité (si une limite est fixée), le rythme et la durée des rencontres, ainsi que tous les points d’organisation qui sont à préciser avant de s’engager.

L’évaluation approximative du coût est la question la plus complexe, car, sauf si le nombre d’entretiens est déterminé à l’avance, on ne peut jamais prévoir le temps nécessaire à un travail de biographie. Il dépendra de plusieurs critères : l’amplitude de la période à évoquer, l’abondance des souvenirs, la capacité à synthétiser, la disponibilité fluctuante de la mémoire, etc.

Le déroulement du travail

Si un accord se conclut, un contrat est signé par les deux parties et le travail peut commencer. Les entretiens enregistrés se succèdent, souvent au rythme d’une heure par semaine, modulable selon la demande. Après chaque rencontre, le contenu est retranscrit, mis en forme et soumis au client lors de la séance suivante pour validation et/ou correction.

Peu à peu, l’écrit s’élabore, se construit, se structure. Les inévitables flash-backs viennent compléter et étoffer les différents chapitres. Le récit doit devenir lisse, cohérent, fluide. La lecture doit aller de soi et être un plaisir pour le lecteur.

Le plus souvent, des photos sont insérées pour donner vie au témoignage. Le client peut également opter pour une impression sous forme de livre. Le biographe se charge alors du travail de concertation avec l’imprimeur. La livraison du récit, étape finale, reste toujours un moment émouvant pour chacun.

Pour conclure

Confier sa vie à un intervenant extérieur n’est pas une décision facile à prendre. Pour se dévoiler, il faut que le courant passe, se sentir en confiance. Quelle que soit la motivation du narrateur, le biographe doit répondre à ses attentes au niveau des compétences, mais aussi sur le plan humain. Quand des doutes subsistent après un premier contact, pourquoi ne pas rencontrer un autre professionnel ? Il est toujours préférable de prendre son temps et d’être sûr de son choix, pour que ce chemin à l’envers soit un parcours fructueux et serein.

Article conçu et réalisé par Annie Lamballe, écrivain-biographe au Mans. Vous êtes intéressé(e) par ses services ? Rendez-vous sur sa fiche de contact en cliquant sur ce lien.

 

Annie Lamballe
Ecrivain biographe au Mans, fondatrice du site Ecrits-et-recits.fr

La mission de Narrovita ? que les histoires familiales ne se perdent plus et se transmettent aux générations futures.

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